Maia Flore – A Sense of Freedom

 

 

Maia Flore is a french photographer based in California. She creating poetic images working with the particular light of the west coast. She showed her relationship to the world through situations where she is exploring the landscape with her body. Dancing and playing with her environment she capture and create this fragile emotional dialogue. A Sense of Freedom

We decided to present to you more about who is behind this amazing work.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Interview by Eve Phan –
Translation by Michael Arrigo April 2020 (Original Version in French Available at the end of the article)

After France and Scandinavia, why did you decide to move to California??

I discovered California during my time at the Kala Art Institute, an artists’ residence in Berkeley.
Starting in 2013, I was spending half the year there. I then lived in Portland and New York, before moving to Los Angeles two years ago. I
n LA, I rediscovered the Mediterranean climate that was so familiar to me, since I had grown up with my grandparents in the south of France. I felt like I was at home there, at a time when I was desperate to find a place of my own somewhere. You don’t really imagine home when you think of Los Angeles, but I have the chance to live in the eastern part of the city, where the sense of solidarity and coming together to help one another is very strong. A friend was discussing the opposition between a horizontal vision of a society, like here where people live next to each other, and the vertical one where people live on top of each other, from the metro to the top story of a building. In New York, for example, emotions are structured on the model of the city and go from top to bottom, which fostered a certain lack of humility in me. I realized that it was easier to network and undertake new collaborations in Los Angeles. A lot of talented people in crafts necessary for the film industry live there. In LA, I have discovered an inspiring and passionate community of artists, which really made me want to settle here.

 

Have you always wanted to be a photographer?

To the contrary, I was rather resistant to photography at first. When I was younger, I spent a year in Djibouti and while I was playing with the other children, the adults would sometimes take photos of us. I realized that for a brief moment, that they could make the image say

whatever they wanted. It just takes a more or less suggestive shot to manipulate opinion. For a long time, that part of it kept me away from photography. Then I realized that a photo allowed you to prolong a dream, to make it real, and to guard images that we hold dear.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

When you were little, what did you want to be when you grew up?

 

When I was little, I noted each thing that I wanted to make more beautiful, each thing that could improve what surrounded me. That explains my creative process when I start to compose everything in an image. But my first ambition was to be an actress. In being an actress, I saw a way of practicing a little bit of everything and gaining different skills while working on my roles. That dream of being an actress really sums up for me everything that is possible.

You are the principal model of your photos. Outside of your hair, which gives a lot of texture to the image, do you use your own body to express what you have in mind?

I first modeled for friends when I was a student, before using my body as a dancer or actor would in their line of work. Even if that feels a bit egotistic, my photos don’t usually have a face, which is why they can speak to everyone. Using my body is a way of better understanding it. It’s simply a question of practice, since I am often alone with a tripod, my camera and the timer. I sometimes am lucky enough to have my grandmother to help me. Her opinion of my work is important to me. Nevertheless, nothing is fixed, and after having been a photographer for fashion shows in Paris, I work more and more with models in Los Angeles.

 

Observing your work, one notices the recurrence of seaside landscapes. What does this type of setting evoke for you?

My grandfather was what we could call a sand merchant. He owns a family business that sells sand, which is necessary for road construction, for example. Because of this, I have inherited a certain obsession for this material, which I almost take to be an immense playing field. I imagine a large, white canvas, on which I am free to play on, to inscribe my feet and have the waves erase them. These landscapes of beaches and heights remind me of my childhood, and the sea gives me a simultaneous feeling of calm and vigor. When you find yourself facing it, without knowing where the horizon ends, you feel an incredible sense of freedom.

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

MAIA FLORE

www.maiaflore.com

 

Version Française by Eve Phan

EP : Après la France et la Scandinavie, pourquoi as-tu décidé de t’installer en Californie ?

MF : J’ai découvert la Californie lors de mon passage à la Kala Art Institute, une résidence d’artistes de Berkeley. A partir de 2013, j’y passais déjà la moitié de l’année. Puis j’ai habité à Portland et à New York, avant de m’installer à Los Angeles il y a deux ans. J’y ai retrouvé le climat méditerranéen qui m’était familier, puisque j’ai grandi dans le sud de la France avec mes grands-parents. Je m’y suis sentie comme chez moi, alors que je désespérais de trouver ma place quelque part. On ne s’imagine pas ça quand on pense à Los Angeles, mais j’ai la chance de vivre à l’est de la ville, où le sentiment de solidarité et d’entraide est très fort. Un ami m’évoquait l’opposition entre la vision horizontale d’une société, comme ici où l’on vit les uns à côté des autres, et la verticale où l’on vit les uns sur les autres, du métro au dernier étage d’un building. A New-York par exemple, les émotions sont à l’image de ce modèle, et vont facilement de bas en haut, ce qui a pu engendrer chez moi un certain manque d’humilité. Je me suis rendue compte qu’il était plus simple de créer des liens et d’entamer de nouvelles collaborations à Los Angeles. De nombreux talents dans le domaine de l’artisanat nécessaire à l’industrie du film y résident. J’y ai trouvé une communauté d’artistes passionnés et inspirants, qui m’a donné envie de vraiment m’y installer.

EP : As-tu toujours voulu faire de la photographie ?

MF : Au contraire, j’étais d’abord plutôt réfractaire à la photo. Plus jeune, j’ai passé un an à Djibouti, et alors que je m’amusais avec les autres enfants, les adultes nous prenaient parfois en photo. Je me suis rendue compte que sur un bref instant, ils pouvaient faire dire à l’image ce qu’ils voulaient. Il suffit d’un cliché plus ou moins suggestif, pour manipuler l’opinion. Cet aspect là m’a longtemps tenue éloignée de la photographie. Puis j ‘ai réalisé qu’une photo permettait aussi de prolonger un rêve, de le faire exister, et de garder des images qui nous sont chères.

EP : Que souhaitais-tu devenir étant enfant ?

MF : Petite, je notais tout ce que je rêvais d’embellir, tout ce qui pouvait améliorer ce qui m’entourait. Cela explique mon processus créatif, quand dans l’image je commence à tout composer. Mais j’avais comme ambition première de devenir actrice. J’y voyais un moyen d’exercer tous les métiers et d’acquérir différentes aptitudes en travaillant les rôles. Ce rêve d’être comédienne résume pour moi tous les possibles.

EP : Tu es le modèle principal de tes photos. En dehors de ta chevelure qui donne beaucoup de relief à l’image, utilises-tu ton propre corps pour mieux exprimer ce que tu as en tête ?

MF : J’ai d’abord posé pour des amies au cours de mes études, avant d’utiliser mon corps comme un danseur ou un acteur le ferait dans son domaine. Même si cela peut sembler égocentrique, mes photos sont souvent sans visage, c’est ainsi qu’elles peuvent parler à tout le monde. Utiliser mon corps est une façon de mieux le comprendre. Il s’agit aussi d’une simple question pratique, puisque je suis souvent seule avec un trépied, mon appareil photo et son retardateur. J’ai parfois la chance d’avoir la présence de ma grand-mère pour m’assister. Son avis sur mon travail est important pour moi. Cependant rien n’est figé, et après avoir été photographe pour des défilés à Paris, je travaille de plus en plus avec des modèles à Los Angeles.

EP : En observant ton travail, on remarque la récurrence des paysages de bord de mer. Que t’évoque ce type de décor ?

MF : Mon grand-père était ce que l’on peut appeler un marchant de sable. Il possède une entreprise familiale de vente de sable, nécessaire à la construction de route par exemple. J’ai donc hérité d’une certaine obsession pour ce matériau, que j’associe presque à un immense terrain de jeu. J’imagine alors un grand canevas blanc, sur lequel je suis libre de jouer, d’inscrire puis d’effacer mes pas grâce aux vagues. Ces paysages de plages et de hauteurs me rappellent mon enfance, et la mer me donne un sentiment à la fois de calme et de fougue. Quand on se retrouve face à elle, sans savoir où se termine l’horizon, on éprouve alors une incroyable sensation de liberté.

EP : Quel est le rôle d’Instagram et des réseaux sociaux en général dans ton travail et ta communication ?  

MF : Instragram m’évoque un lien factice, un sucre rapide avant une descente. On y voit défiler des tonnes d’mages qu’on like parfois, mais qu’on oublie deux minutes plus tard. C’est la recherche du plaisir instantané, plutôt que celle du bonheur, qui se construit jour après jour. Je pense qu’Instagram et les réseaux sociaux ne conviennent pas aux travaux complexes, ceux qui méritent réflexion. Je préfère l’impression, car la composition est différente d’un format digital à un format papier. « D’îles en lune » est un livre retraçant mes derniers travaux, pour qu’ils puissent justement demeurer ailleurs que dans l’immensité virtuelle. 

Courtesy of the artist – 2020

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